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Chaque soir ou presque relire Sénèque


Et continuer à semer même après une mauvaise moisson...

Il faut bien semer, même après une mauvaise moisson

Chaque soir, je relis du Sénèque. Une traduction en français des textes en latin qui nous sont parvenus.
Donc malgré les soucis financiers, je vais bien ! De petites satisfactions tombent parfois. Début juillet, à Loches sur Ource, Aube, en Champagne, les colporteurs ont joué « neuf femmes et la star. » Représentations gratuites, donc droits d’auteur forfaitaires, symboliques. Être joué légalement, après demande d’autorisation, est rare. Le plus souvent, seule la découverte d’un article me permet d’obtenir un peu d’argent. Exemple le plus fréquent : « la fille aux 200 doudous », pièce pour enfants, régulièrement utilisée dans les écoles, et désormais traduite en anglais et allemand. Depuis en Espagnol (2013) et Italien (2014)
De « vieux » ebooks se vendent parfois. Un livre visible est un livre qui se vend. Le problème est bien d’obtenir de la visibilité... Comme dans le livre papier... Quatre achetés, deux offerts, offre ebooks.ws. Si la France entière connaissait ce « bon plan », paypal m’informerait régulièrement de l’arrivée d’une dizaine à quinzaine d’euros, et mes soucis s’envoleraient. Je vis de peu. J’ai toujours vécu de peu. Même quand les sites Internet m’ont permis de dépasser le « seuil de pauvreté. »
« Vivre autrement » recèle quelques bijoux, qui pourraient passer en radio.
Romans, essais, théâtre, photos, chanson… j’en fais trop ? Je devrais me "spécialiser" ? Le conseil m’arrive parfois. Pourtant la question du choix me semble incongrue. Comment me forcer à écrire du théâtre devant quelques gouttes de pluie sur une tulipe ? Comment transformer en roman quelques phrases dont la musicalité s’impose en moi ? Pourquoi vouloir faire des chansons si des personnages tissent leurs liens romanesques dans ma tête ?
Il suffit d’une clé à ces bonnes portes, pour tenir. Ça devrait être simple et pourtant c’est terriblement compliqué ! Mon obstination finira par être remarquée ? Oui, il faut être remarqué pour être lu ! Pour l’instant, elle lasse… mes concurrents. Il suffit de gratter "un peu" pour découvrir des "apprentis auteurs" derrière des blogueurs, facebookers, twitteurs, mécontents de mes « autopromos. »
« Il faut bien semer, même après une mauvaise moisson » écrit Sénèque dans sa quatre-vingt-unième lettre à Lucilius.
La force de l’indépendance : sa spécificité permet d’entrevoir une petite lumière ; à l’échec du jour peut succéder « de bons résultats. » Là où les industriels condamnent définitivement un livre ou un CD, l’indépendant a toute sa vie pour promouvoir ses créations. Vous n’en avez pas voulu cette année, je le remets dans ma guitare et vous le replacerai dans quelques mois ou années. C’est une des raisons de l’empressement des éditeurs traditionnels (ces gens-là ne sont pas stupides, c’est simplement qu’ils ont d’autres intérêts que ceux des écrivains) à obtenir les droits numériques des œuvres d’avant l’an 2000, ces bouquins sans rentabilité en papier, donc délaissés mais qui pourraient générer un peu de monnaie… et surtout un goût de l’indépendance chez les écrivains. Si Jack-Alain Léger comprenait cette chance historique du numérique, il cesserait sûrement de maudire les éditeurs tout en quémandant des contrats d’édition (mais lira-t-il « alertez Jack-Alain Léger ! » ?) Depuis, il s’est suicidé...
Me lancer dans un hymne à l’auto-édition alors que le sixième roman reste invisible, donc n’intéresse personne ! Certains iraient s’asseoir dans un bar, essayant de s’y faire offrir des verres qu’ils ne peuvent plus se payer (ou « il nous reste l’ardoise, Jef »), et je prends des notes, me force à une mise au propre sur ordinateur, dans un fichier intitulé « auto-édition j écris ton nom.doc » Un ordinateur portable (cinquante euros sur priceminister !) me permet de travailler dehors, en regardant tomber la pluie, au « bureau d’été », une dépendance naguère inaccessible, remplie des pierres effondrées du mur élevé contre la terre au dix-huitième ou dix-neuvième siècle.
Kader Terns avait raison dès son premier message : « Tu sais écrire mais tu ne sais pas te vendre. » Il cherchait le nègre de ses mémoires, après le méga à-valoir versé par Amazon. Enfin, c’est ce que je croyais…

« Souvent ce qu’avait fait perdre l’opiniâtre stérilité d’un terroir ingrat, une seule année d’abondance l’a rendu » continuait Sénèque dans la traduction par Paul Veyre, professeur au collège de France… Un style plus sobre conviendrait sûrement… mais j’ignore le latin et plonger dans plusieurs traductions pour y puiser la quintessence à chaque phase me semble impossible dans cette vie. Bref, cette phrase bancale pourrait s’adapter au créateur en 2013. L’opiniâtre stérilité d’un terroir ingrat représentant naturellement le marché du livre… Quel livre me permettra d’obtenir une visibilité indispensable et suffisante ?


Il faut bien semer, même après une mauvaise moisson est un extrait du livre Auto-édition, j’écris ton nom de Stéphane Ternoise, disponible en papier à 11 euros en vente directe ou sur amazon et en numérique à 4 euros 99 sur amazon, Immateriel, itunes .
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Achat Auto-édition, j’écris ton nom.